Dieu a créé tout ce qui existe en dehors de Lui. Il a donc créé le bien et aussi le mal. La différence entre les deux est qu’Il agrée l’un et pas l’autre. Donc, ce n’est pas parce que le mal existe qu’il est possible de faire tout ce qu’on veut de mauvais, car cela sera puni de l’enfer dans l’au-delà.
Certains rétorqueront : « Pourquoi donc avoir créé un monde où le mal existe et non un qui ne contiendrait que le bien ? ». Or, ce monde idyllique existe bel et bien et c’est le paradis. Or, pour atteindre cet idéal, il faut justement se dispenser de commettre le mal au cours de sa vie ici-bas…
Faisons un petit intermède pour rappeler ce qu’est le paradis. Aucun endroit sur terre ne lui est équivalent ou supérieur. Celui qui y entrera y restera éternellement et pourra profiter de bienfaits meilleurs que tout ce qu’il aurait pu souhaiter sur terre[1]. Il sera dans la félicité, car Dieu aura ôté de son cœur la rancœur, la lassitude, la fatigue, l’énervement, l’impatience, la jalousie, l’envie ainsi que toutes les mauvaises sensations qu’il est possible d’éprouver ici-bas[2]. Ce rappel est important, car certaines personnes, de nos jours, tentent de dénigrer le paradis en voulant le faire passer pour un endroit ennuyeux où seront rassemblés les simples d’esprit. D’ailleurs, ce sont bien souvent les mêmes personnes qui s’imaginent que l’enfer, c’est « sexe, drogue et rock and roll » …
Certains poursuivront en disant : « Dieu a créé le bien et le mal, mais pourquoi ne pas avoir créé l’homme pour qu’il ne fasse que le bien et non le mal ? ». Or, ces créatures existent déjà et il s’agit des anges. Cependant, les hommes ne sont pas des anges. Contrairement à eux, nous avons été créés avec le libre arbitre et c’est pour cela que dans beaucoup de situations nous pouvons choisir entre plusieurs façons de nous comporter allant du meilleur au pire. Mais encore une fois, comme nous l’avons déjà précisé, ce n’est pas parce que nous avons le libre arbitre que nous pouvons faire n’importe quoi car nous le payerions chèrement en enfer.
On pourrait nous dire : « Les anges ont été créés pour ne faire que le bien alors que pour nous, il y a toujours un risque de faire le mal et d’aller en enfer, et cela est injuste ». C’est justement pour cela que Dieu a envoyé des prophètes, pour nous monter le chemin du paradis et pour nous aider à distinguer le bien du mal. Et comme nous l’avons vu précédemment, seule la concrétisation sincère du tawhîd sera exigée pour gagner le paradis éternel. Et au paradis, ce sont les êtres humains exemplaires (aux yeux de Dieu) dans la vie d’ici-bas qui auront le meilleur des statuts et la meilleure des récompenses. Ils seront supérieurs aux anges et cela est logique et mérité puisque contrairement aux anges créés spécifiquement pour faire le bien, ces hommes et ces femmes se seront efforcés d’éviter le mal et d’accomplir le bien tel que demandé par Dieu.
Nous voyons donc que le musulman possède une vision globale cohérente. C’est en faisant le bien ici-bas (avec la concrétisation sincère du tawhîd) qu’il obtiendra le bien de l’au-delà (le paradis), et le mal qu’il commettra ici-bas sera rétribué par le mal dans l’au-delà (l’enfer). Pour garder cette cohérence, il faut conserver cette vision globale et être conscient que les actions dans la vie d’ici-bas ont d’inéluctables conséquences dans l’au-delà. Et inversement, le fait de nier ou de tourner en dérision les conséquences de nos actes dans l’au-delà, de se moquer du paradis ou de minimiser ou carrément vanter l’enfer produit des croyances incohérentes et frustrantes car injustes (du fait que beaucoup de mal est commis impunément dans la vie d’ici-bas). A ce sujet, il en est qui nient ou raillent l’au-delà en se vantant publiquement, par leur humour médiocre, qu’ils iront en enfer, en insinuant que la religion a été « inventée » pour « manipuler et exploiter les hommes », et en affirmant qu’ils se passent qu’on leur dise « quoi faire » et qu’on leur « fasse la morale ». Dans la plupart des cas, il s’agit de personnes cyniques qui veulent uniquement faire ce qui les arrange personnellement sans tenir compte de l’intérêt général et sans avoir de comptes à rendre, mais aussi de personnes hypocrites qui se présentent comme étant « quelqu’un de bien » quand tout va bien, mais qui n’hésitent pas à s’asseoir sur leurs principes à la moindre difficulté ou à se faire un bénéfice en douce sur le dos des autres à la moindre opportunité.
Jusqu’à présent, nous avons intégré l’au-delà dans notre analyse. Mais même en l’écartant et en ne prenant en compte que l’ici-bas, beaucoup d’arguments peuvent être avancés.
- Il y a plus de bien que de mal
Comme nous avons vu précédemment, l’islam est la religion du juste milieu. S’il est vrai que la vie d’ici- bas n’est pas « paradisiaque », elle n’est pas non plus « infernale ». Si on y regarde bien, il y a tous les moyens de subsistance (de quoi respirer, boire, manger, se vêtir, se loger, se chauffer, se rafraîchir, se déplacer, voler dans les airs, voguer sur la mer, s’illuminer la nuit, se divertir, faire travailler des machines à notre place, etc.)[3] dont nous avons besoin sur terre et ils sont en quantité suffisante pour tous les habitants de la planète (pour peu que ces ressources soient gérées avec un minimum d’équité et de sagesse). On est en présence ici d’un signe fort de la miséricorde de Dieu qui accorde la subsistance à tous les hommes (mais aussi à la faune et à la flore), qu’ils soient des musulmans sincères ou des hypocrites, des associateurs ou des négateurs. Et que dire de Sa patience envers tous. Ce n’est pas pour rien que ar Rahmân (le Tout-Miséricordieux) est l’un des noms de Dieu, car si on peut trouver normal qu’Il accorde la subsistance aux musulmans sincères, on pourrait s’étonner qu’Il l’a dispense aux hypocrites, aux associateurs et aux négateurs. On a ici un signe de Sa divinité, car aucun être humain n’est capable d’une telle miséricorde envers ceux qui le méprisent ou l’humilient, sans compter qu’il lui serait impossible de dispenser tous ces moyens de subsistance comme Dieu le fait. On voit donc que le minimum qui nous incombe est de reconnaître Son essence divine (Lui Seul est capable de faire cela ainsi), de ne pas tomber dans l’ingratitude et de le remercier (en concrétisant le tawhîd) pour tout ce qu’Il nous accorde. Et finalement s’il existe effectivement du mal sur terre, il existe aussi beaucoup de bien…
- Le mal provient principalement de la main des hommes
Si on y regarde bien, la plupart du mal sur terre est commis par les hommes parce qu’ils désobéissent à Dieu qui, comme nous l’avons vu, ne nous commande que le bien. Comme nous l’avons précisé au point précédent, il y a assez de richesses pour tout le monde sur terre et si les hommes prenaient Dieu et Ses commandements plus au sérieux et investissaient un minimum d’efforts pour que les commandements divins soient compris et adoptés par la population, beaucoup de malheurs seraient évités sur terre.
- On est tout d’abord responsable de soi-même
Pour Dieu, chaque individu est responsable de sa croyance, de ses paroles et de ses actes. On ne sera pas considéré comme responsable des croyances, paroles ou actes d’autrui (sauf si on l’a incité à penser ou agir de la sorte au travers de certaines de nos paroles ou de nos actes). Ce qui compte donc avant tout, c’est d’être personnellement irréprochable, c’est-à-dire d’accomplir sincèrement le tawhîd et de transmettre le message divin à son prochain de la meilleure des façons (par la sage parole et en montrant l’exemple)[4]. Et c’est ici que se limite notre devoir en tant qu’individu, car si notre prochain rejette ce message ou ne l’applique pas, nous n’y pouvons rien. A noter qu’un gouverneur ou un dirigeant d’Etat aura un effet de persuasion plus important dans cette transmission du message, car il lui est plus facile d’inciter le peuple à adhérer à un nouveau système de croyances et de valeurs grâce à la propagande (au travers des médias et de l’école - d’ailleurs ce n’est pas pour rien si l’âge minimum obligatoire de scolarité a été descendu à 3 ans en France - comme cela a été le cas par exemple en occident au cours des dernières décennies pour provoquer l’abandon du christianisme et l’adhésion entre autres aux valeurs LGBT), et il peut progressivement mettre en place les lois pour contraindre le peuple à adopter le comportement qu’il souhaite en obligeant et en interdisant certains actes et paroles dans l’espace public. Comme nous l’avons vu auparavant, Dieu ne commande que le bien. L’idéal pour un croyant serait donc que la religion qu’Il agrée soit érigée en religion d’Etat, que Ses commandements deviennent les lois de l’Etat, et que cette loi soit promulguée et appliquée sur le terrain par des gens intègres. Ce n’est malheureusement pas le cas actuellement et cela ressemble à un doux rêve, mais cela ne doit pas servir de prétexte pour tomber dans le cynisme et le désespoir et se dégager de sa responsabilité individuelle d’appliquer d’abord soi-même (et pour soi-même) le message divin en concrétisant le tawhîd, et de transmettre ce message aux autres en fonction de nos moyens même sans être chef d’Etat.
Ensuite, comme dit le proverbe, on récolte ce que l’on sème : ainsi, celui qui aura concrétisé le tawhîd en récoltera les fruits. Ce qui est certain, c’est qu’il aura au minimum la satisfaction du devoir accompli, et dans certains cas, constatera également le fruit de ses actions dans la vie d’ici-bas. De plus, le bien attire le bien et qui se ressemble s’assemble, donc la concrétisation du tawhîd amène à rechercher et à fréquenter les personnes qui agissent de même et à s’entourer de personnes vertueuses et de confiance. On voit donc que par ses propres croyances et actions, il est possible d’avoir une vie relativement belle et facile, probablement une vie simple mais au cours de laquelle nous ne manquons de rien (du moins de ce qui est considéré comme vital) et dont les maux et catastrophes évitables nous seront épargnés. On a tous eu l’occasion de croiser des personnes se plaignant d’une vie « difficile » ou « injuste » et se trouvant dans des situations compliquées. En discutant avec eux et en analysant leur cas, on s’aperçoit souvent qu’il s’agit de personnes se retrouvant dans ces situations à la suite de mauvais choix ou de mauvaises actions de leur part, découlant d’une croyance erronée pleine de contradictions et/ou d’une appréciation biaisée du bien et du mal. Par exemple, prenons le cas d’une personne qui considère qu’il n’y a pas de mal à boire deux verres d’alcool (alors que Dieu a interdit l’alcool), et qui a pris le volant de sa voiture et a provoqué un accident avec un autre véhicule. Son alcotest étant positif, l’assurance se retournera contre lui et lui fera endosser les dépens du sinistre.
- On est capable de surmonter les épreuves
S’il est vrai que le fait de se conformer aux commandements divins nous épargne beaucoup de soucis, il est tout aussi vrai que nous ne sommes pas pour autant protégés de toutes les difficultés et que nous sommes dans certains cas frappés par des épreuves comme la maladie, la perte d’un travail ou d’une grosse somme d’argent ou par le décès d’un proche. Ces épreuves sont encore plus difficiles à vivre lorsqu’on a une part de responsabilité dans ce qui peut arriver (ce qui est le cas lorsque nous n’avons pas respecté les commandements divins), car en plus de subir l’épreuve, nous aurons également à supporter le poids du remords. C’est pourquoi une épreuve est toujours plus facile à vivre lorsque nous n’avons rien à nous reprocher vis-à-vis de Dieu, car dans ce cas-là, nous ne serons pas sujets aux remords. Ensuite, si l’épreuve en question se trouve être une injustice que nous subissons de la part d’une personne tierce, Dieu nous ordonne d’œuvrer pour faire valoir notre droit et obtenir justice. Et si cela n’est malheureusement pas possible, alors Dieu nous ordonne de patienter dans cette épreuve, sans se plaindre ou se lamenter sur le cours des évènements car la justice sera rendue dans l’au-delà. On voit ici que c’est la meilleure des résolutions possibles. Il faut commencer par être soi-même irréprochable (en se conformant aux commandements divins), et en cas d’injustice, faire tout ce qui est en notre pouvoir pour y mettre un terme, mais si ce n’est pas possible, il faut alors accepter son sort en attendant que la situation s’améliore. A noter que Dieu ne s’est pas engagé à ne pas nous éprouver, mais c’est important à savoir et d’en être convaincu, Il nous a assuré que nous sommes tous capables de supporter les épreuves[5] infligées dans la vie d’ici-bas et que ceux qui géreront ces épreuves convenablement seront récompensés dans l’au-delà[6].
- Un mal pour un bien ?
Quand nous sommes éprouvés, il est plus sage de dire que nous sommes touchés par ce que nous pensons être une épreuve[7]. Car c’est nous qui estimons que ce qui nous touche est un mal et non un bien, sur la base de notre point de vue, de nos connaissances, et de notre capacité à visualiser et analyser toutes les interdépendances entre les événements se produisant dans l’espace mais aussi dans le temps. C’est évidemment un exercice qui dépasse la capacité humaine car nous avons un point de vue partiel. Nous considérons parfois être touchés par un mal alors qu’il peut tout à fait s’agir d’un bien qui a permis d’éviter une situation pire ou a débouché sur une situation meilleure. Par exemple, on peut être recalé à un entretien d’embauche pour un poste qui nous tenait à cœur, mais trouver quelques semaines plus tard un autre emploi non-envisagé et mieux adapté à notre profil et davantage payé. Ce qui semblait initialement être un mal a finalement débouché sur du meilleur. De même, on peut, en cas de voyage à l’étranger, rater son vol et apprendre par la suite que l’avion prévu s’est crashé durant son périple. On est ici dans un cas de figure où le mal subi (raté son vol) a permis d’éviter un mal pire (le crash). Enfin, et même si cela est difficile à admettre, le même raisonnement peut s’appliquer pour la perte d’un proche et plus particulièrement d’un enfant. Comme on l’a vu précédemment, Dieu connait le futur, mais Il connait aussi la ramification de tous les scénarios possibles. Autrement dit, Il sait ce qu’il se serait passé si l’enfant avait survécu. Il aurait peut-être connu une vie misérable remplie de souffrances, ou bien serait devenu un criminel et une source de souffrances pour autrui. Dans tous les cas, Dieu connaît tous les scénarios et sait parfaitement les évaluer, car Il est Sage et Juste dans Son décret. Il veut le meilleur pour nous, faisant en toute justice goûter à chacun les conséquences de ses actes, ce qui signifie que les bons et les mauvais actes seront respectivement suivis de bonnes et de mauvaises conséquences (dans la vie d’ici-bas et/ou dans l’au-delà) pour leurs auteurs (d’où encore une fois l’importance de se conformer aux commandements divins). C’est pour cela que lorsqu’un proche et plus particulièrement un enfant décède, et même si c’est plus facile à dire qu’à subir, il faut se convaincre que cela est mieux ainsi car le résultat aurait pu être pire si l’enfant avait survécu.
Deux choses encore sont à signaler au sujet du décès d’un enfant. La première est que la vie d’ici-bas est courte (dans le meilleur des cas, on vit une centaine d’années, dont une partie seulement en pleine possession de ses facultés physiques et mentales) et éprouvante (même si on profite occasionnellement de certains moments de plaisir et même si on éprouve parfois la satisfaction du devoir accompli), et que le but premier de la vie d’ici-bas est d’abord de gagner sa place au paradis (qui sera source de jouissance éternelle) dans l’au-delà. Or, beaucoup de personnes perdent cela de vue et se fixent comme finalité de rechercher à tout prix la jouissance ici-bas (le paradis terrestre). Ce type d’objectif présente plusieurs inconvénients : il est difficile à définir (qu’est-ce exactement que la jouissance ?), difficile à atteindre (comment obtenir cette jouissance ?) et conduit bien souvent à sa propre perte (combien de personnes se sont fourvoyées en recherchant la jouissance ?). On voit donc qu’il s’agit d’un objectif erroné après lequel beaucoup de personnes courent et c’est pour cela qu’ils considèrent la mort d’un enfant comme une injustice et une tragédie (car cet enfant ne connaîtra pas la « jouissance » ici-bas et n’aura donc pas atteint le but principal de sa vie), et que beaucoup de personnes se brûlent les ailes pendant leur vie en recherchant la « jouissance » et parce qu’elles ne veulent pas, une fois « avoir atteint 60 ans », se rendre compte qu’elles n’ont pas « profité de la vie ». Et enfin, beaucoup de personnes sont aigries en fin de vie parce qu’elles ont peu connu la jouissance pendant leur existence, parce que cette quête des plaisirs terrestres leur a coûté beaucoup d’efforts et de désillusions pour un piètre résultat, et surtout parce qu’elles se rendent clairement compte, en arrivant au terme de leur existence, qu’elles ont visé un mauvais objectif et négligé la vraie finalité de la vie d’ici-bas qui est de préparer la vie dans l’au-delà.
Et la deuxième chose à savoir au sujet du décès d’un enfant est que Dieu a promis à toute personne qui concrétise sincèrement le tawhîd que chaque enfant qu’il perdra en bas âge (avant la puberté) sera introduit dans l’au-delà au paradis. Il faut donc se réjouir (même si c’est facile à dire) pour son enfant décédé qui aura atteint d’emblée la finalité de la vie d’ici-bas (à savoir gagner sa place pour le paradis), en restant bien concentré sur son propre objectif qui est d’atteindre soi-même le paradis, et en encourageant tous ses proches encore en vie à faire de même pour profiter dans l’au-delà du paradis entouré de tous ceux que l’on a aimés dans la vie d’ici-bas. A noter qu’une fois la puberté (et donc l’âge de raison) atteinte, toute personne qui décède sera jugée par Dieu selon sa croyance et ses actions et sera introduite au paradis si elle a concrétisé le tawhîd. Et quant aux enfants (non pubères) décédés de parents ne concrétisant pas le tawhîd, Dieu les récompensera dans l’au-delà en fonction de la croyance et des actions qu’ils auraient eues s’ils avaient connu une vie pleine ici-bas (car comme nous l’avons vu plus haut, Dieu connait tous les scénarios alternatifs qui auraient pu se dérouler).
- Les gens qui se plaignent de Dieu sont incohérents
Il y a beaucoup de personnes qui utilisent l’existence du mal sur terre comme prétexte pour ne pas croire en Dieu, car selon elles, si Dieu existait alors il n’y aurait pas de mal, ni de misère, ni d’injustice en ce monde.
C’est évidemment un argument fallacieux et les personnes qui tiennent ce genre de discours sont dans l’incohérence totale. En effet, ce sont en général des personnes qui ne croient pas en Dieu, ou qui croient en Lui en considérant qu’Il est injuste ou incapable de faire régner la justice. Ce sont aussi des personnes qui ne reconnaissent pas les commandements divins, qui ne concrétisent pas le tawhîd, et qui adorent et suivent d’autres divinités (croyance, idéologie, système de pensée, vision du monde, tel ou tel intellectuel, avis personnel, etc.). Puisqu’elles cherchent à comprendre le monde selon la vision de leurs divinités et que ce monde est gouverné avec les valeurs et les lois imposées par elles, il serait plus logique qu’elles blâment ces dernières plutôt que Dieu lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. Notons aussi que ces personnes partent du principe qu’il ne devrait pas y avoir de mal, de misère ou d’injustice sur terre. Mais qui leur a promis ce « paradis terrestre » si ce ne sont leurs divinités ! Donc si le monde est interprété et géré au travers des critères et des lois de ces divinités et que la promesse du paradis terrestre n’est au final pas tenue, alors il ne faut se plaindre qu’à ces (fausses) divinités qui l’ont faite et se poser des questions sur leur aptitude et leur véridicité.
Pour ceux qui ne concrétisent pas le tawhîd et se plaignent de Dieu, la logique serait plutôt la suivante. Avant de se plaindre de Dieu, il faut faire ce qu’Il demande, c’est-à-dire réaliser le tawhîd, et ne se plaindre que si la promesse n’est pas respectée. Or, comme nous l’avons vu précédemment, Dieu a pourvu les humains de beaucoup de bienfaits (il y a suffisamment de subsistance sur terre pour tout le monde). De plus, les commandements divins (que toute personne qui concrétise sincèrement le tawhîd applique) imposent une gestion juste et équitable de la vie, des biens et de l’honneur des humains. Si Dieu ne promet ni richesse ni « fun » dans la vie d’ici-bas, Il promet cependant que celui qui Lui obéira sera satisfait de sa vie et ne manquera de rien. Cela ne veut pas dire qu’il est impossible ou interdit d’être riche ou de profiter occasionnellement de certains plaisirs de la vie, mais même si ce n’est pas le cas, celui qui se sera conformé aux commandements divins sera comblé et ne ressentira aucune privation. Nous avons vu aussi que Dieu nous éprouvera dans la vie et que nous connaîtrons des moments difficiles, comme des soucis financiers, des conflits familiaux ou professionnels ou la perte de personnes qui nous sont chères. Mais Il nous a promis que nous serons dans tous les cas capables de supporter et de surmonter ces épreuves, à condition évidemment de concrétiser le tawhîd. Et si Dieu ne nous promet pas le paradis sur terre, Il nous le promet dans l’au-delà, à condition encore une fois d’avoir concrétisé le tawhîd. Donc, avant de se plaindre de Dieu, la logique serait tout d’abord de se conformer à ce qu’Il nous demande et ensuite de ne se plaindre que si la promesse n’est pas tenue. Parmi toutes nos connaissances appliquant le tawhîd et qui selon nous le font avec sincérité, nous n’en connaissons aucune qui se plaigne de Dieu. Mieux encore, elles en sont toutes satisfaites et ne voudraient pour rien au monde s’écarter de la voie droite tracée par Lui. Cela prouve que pour ces personnes, elles ont trouvé qu’Il a tenu Sa promesse ici-bas. Et pour la promesse de l’au-delà (qui est le paradis), étant donné que Dieu a respecté Sa promesse ici-bas, ils n’ont aucun doute, eux, que Dieu respectera également Sa promesse dans l’au-delà. Cette dernière conviction faisant également partie de la concrétisation du tawhîd, la boucle est bouclée…
[1] Le prophète a dit : « La place que prendrait le fouet de l'un d'entre vous dans le paradis est meilleure que la vie d'ici-bas et tout ce qui s'y trouve et encore une fois autant que cela. La place que prendrait l'arc de l'un d'entre vous dans le paradis est meilleure que la vie d'ici-bas et tout ce qui s'y trouve et encore une fois autant que cela. Et certes le nasif d'une femme du paradis est meilleur que la vie d'ici-bas et tout ce qui s'y trouve et encore une fois autant que cela ». On interrogea Abû Hurayrah : Ô Abû Hurayrah ! Qu'est-ce que le nasif ? Il a répondu : C'est son foulard. (Ahmad et authentifié par al Albânî)
[2] « Et Nous aurons arraché toute rancune de leurs poitrines : et ils se sentiront frères, faisant face les uns aux autres sur des lits. » (S.15, v.47)
[3] « Et c'est Lui qui, du ciel, a fait descendre l'eau. Puis par elle, Nous fîmes germer toute plante, de quoi Nous fîmes sortir une verdure, d'où Nous produisîmes des grains, superposés les uns sur les autres ; et du palmier, de sa spathe, des régimes de dattes qui se tendent. Et aussi les jardins de raisins, l'olive et la grenade, semblables ou différents les uns des autres. Regardez leurs fruits au moment de leur production et de leur mûrissement. Voilà bien là des signes pour ceux qui ont la foi. » (S.6, v.99)
[4] « Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés. » (S.16, v.125)
[5] « Dieu n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu'elle aura fait, punie du mal qu'elle aura fait. » (S.2, v. 286)
[6] « Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes ; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution à prendre. » (S.3, v.186)
[7] « Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Dieu qui sait, alors que vous ne savez pas. » (S.2, v.216)