Dans une société de plus en plus hostile à l’idée même de Dieu[1] et à la place du religieux[2], où le plaisir des sens et l’émotion sont devenus les critères ultimes pour distinguer le bien du mal, où l’hyperconsommation a ringardisé la notion de paradis pour la plupart, où le progressisme[3] inculque aux individus « qu’il faut vivre avec son temps » et « qu’aujourd’hui sera toujours mieux qu’hier »[4], on peut se demander quel intérêt il y a à croire en une tradition plus que millénaire telle que l’islam. Pourquoi être stigmatisé par sa famille, son patron, ses collègues, les forces de police et le reste de la société en étant moqué et insulté par l’ensemble de la classe politico-médiatique à longueur de journée ? Est-ce être naïf ou has been que d’être croyant ? Pourquoi se mettre autant de contraintes dans l’existence, à commencer par la difficulté à se nourrir de manière appropriée à sa foi, à ne pas serrer la main/faire la bise à d’autres femmes que la sienne, à se prosterner cinq fois par jour pour la prière à des horaires parfois contraignants et difficiles à concilier avec les activités quotidiennes, etc. ?
En outre, pourquoi devrait-on croire et avoir besoin de Dieu, alors qu’il semble inutile d’avoir une religion pour être « une bonne personne », et que si un Dieu bon et bienveillant existait vraiment, il ne devrait pas y avoir « tant de mal sur terre » ? Enfin, que penser et faire face aux comportements anti-islamiques de nos coreligionnaires terroristes, racailles ou de ceux qui amalgament la religion et la culture de leur pays d’origine ?
Pour répondre à toutes ces questions, nous allons présenter dans un premier temps et de manière détaillée la profession de foi islamique qui est le minimum requis pour être musulman et prétendre au paradis. Dans ce développement, nous utiliserons autant des arguments scripturaires que des raisonnements rationnels adaptés au contexte occidental contemporain. Dans un second temps, nous répondrons aux principales objections quant au fait de devenir musulman. Cet opuscule s’adressera donc principalement aux non-musulmans occidentaux désireux de découvrir l’islam autrement que par la propagande et les amalgames déversés par les médias traditionnels, autrement que par les textes « bruts » (Coran et hadîth) de la révélation qui peuvent être difficiles d’accès au néophyte et nécessitent des éclaircissements aux non-érudits, et enfin autrement que par le comportement et les discours des personnes qui se réclament de l’islam. En guise de dernière remarque, nous tenons à préciser que le terme « Dieu » sera employé à la place de « Allah » dans notre texte pour montrer que le Dieu de l’islam est le même que celui des deux autres religions du Livre (judaïsme et christianisme) et n’est pas uniquement une divinité des Arabes.
[1] En 2021, un sondage Ifop annonçait que 51 % des Français ne croyaient pas en Dieu.
[2] Comme l’illustrent les incessants débats autour de la laïcité en France.
[3] L’utilisation du terme même de progrès pour qualifier cette marche de l’histoire est censée la rendre inattaquable. Qui est contre le progrès ? Les religions sont, quant à elles, souvent taxées d’obscurantisme et s’en trouvent donc indéfendables. Qui est pour l’obscurantisme ?
[4] Paradoxalement, les individus proclamant cela ne font pas ou peu d’enfants au motif que le futur les effraie.