Après avoir démontré l’existence d’un Créateur de l’univers et que parmi toutes les divinités existantes, seul Dieu l’Unique peut s’en prévaloir, il faut se demander si toutes les religions se réclamant d’Abraham (judaïsme, christianisme et islam) se valent et pourquoi alors choisir l’islam ? Outre les questions liées aux deuxièmes et troisièmes formes de tawhîd que nous allons étudier un peu plus loin, plusieurs réponses s’imposent : Le judaïsme actuel désigné par les spécialistes de cette religion sous le nom de « judaïsme rabbinique » est fort éloigné de la religion originelle de Moïse et des prophètes d’Israël. En effet, la pratique du judaïsme antique ou ancien était centrée sur le culte rendu au Temple de Jérusalem. Or, celui-ci ayant été détruit par les hommes en l’an 70 de l’ère chrétienne, et n’ayant jamais été reconstruit par la volonté de Dieu, les rabbins ont dû inventer de nouvelles pratiques pour les substituer aux anciennes et le Talmud en conserve encore la trace jusqu’à ce jour. Les prières et les jeûnes ont ainsi été substitués aux anciens sacrifices. Un premier point important est donc que la Torah originelle ne peut plus être pratiquée. Et par conséquent, il est clair que cette religion n’a pas été préservée par Dieu. En outre, contrairement à la loi musulmane qui est restée irrémédiablement fixe, les rabbins ont fait évoluer la leur[1] : Ainsi, à titre d’exemple, ils n’ont pas hésité à transformer leur prière pour se différencier de celle des musulmans[2], à y maudire les chrétiens[3], à interdire la polygamie au début du Moyen-âge alors qu’elle était jusque-là admise[4], à remplacer la dot de la femme mariée par le paiement d’une compensation à cette dernière en cas de divorce ou de veuvage[5] ou à remplacer dans certaines communautés le port du voile par le rasage du crâne de l’épouse accompagné du port d’une perruque. Ces exemples célèbres, en apparence séduisants pour certains du fait de leur progressisme apparent, posent de graves problèmes théologiques du point de vue musulman. Ces pratiques sont vues par l’islam comme des « innovations » religieuses rendant le système législatif incohérent et injuste, comme cela sera explicité un peu plus loin dans ce livre. En outre, une religion ayant des préceptes modifiés par l’homme devient une autre religion, corroborant l’absence de préservation de la religion juive par Dieu. Qui plus est, ces innovations sont de l’associationnisme, puisqu’elles confisquent à Dieu Sa prérogative de légiférer et pire fait prévaloir l’avis des rabbins sur celui de Dieu[6]. Pire encore, les modifications de la loi d’une époque à une autre soulève la question de l’équité juridique devant Dieu. Ces innovations donnent injustement des droits et des devoirs différents en fonction de la date de naissance et c’est un paradoxe que les juifs aient fait évoluer leur législation alors qu’ils refusent les derniers messagers que sont Jésus et Muhammad – comme ils ont d’ailleurs rejeté d’autres prophètes au sein de leur communauté et ayant même cherché à les tuer[7] – au motif de vouloir préserver leur tradition millénaire.
La religion juive d’aujourd’hui n’est plus prosélyte[8]. Les conversions de non-juifs au judaïsme sont très rares, les dits candidats étant souvent dissuadés à devenir juif[9] par les rabbins et devant se borner à être seulement des noahides.[10] S’ils persistent dans leur volonté de se convertir, il leur sera imposé plusieurs années d’étude préalables[11], qui plus est payantes, avant de rejoindre « le peuple élu ». De plus, le judaïsme fait prévaloir la filiation par la mère sur la croyance, la pratique religieuse et la filiation par le père. Plusieurs remarques s’imposent donc : premièrement, une religion qui n’est pas prosélyte démontre que cette religion n’est pas universelle et ne cherche pas à propager la bonne nouvelle, alors qu’il est impensable que Dieu, ayant créé tous les hommes et étant parfaitement juste, exclut une partie de la population de Son message, de Sa bonne nouvelle et de Sa miséricorde. Cette religion ne peut donc pas être la dernière révélation. Ensuite, le processus de conversion extrêmement long, coûteux et laissé à l’appréciation intéressée des hommes et non de Dieu témoigne de l’imposture de cette religion. Enfin, la distinction entre noahides et juifs induit l’existence de droits et de devoirs différents pour ces deux groupes d’individus, synonyme d’inégalité et donc d’injustice.
[1] De manière plus détaillée, il convient de préciser que la législation musulmane comprend des règles rigides et d’autres souples qui permettent de s’adapter au contexte spatio-temporel. Ainsi, celles rigides sont celles tenant à la croyance et aux pratiques cultuelles et celles souples sont celles concernant les interactions sociales, cependant elles ne sont évolutives que dans une certaine mesure.
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Birkat_haMinim
[4] Guershom Meor Hagola a, en effet, décidé d’excommunier tout polygame aux X et XIe siècles et cette règle a fini par s’appliquer à toutes les communautés ashkénazes.
[5] https://www.youtube.com/watch?v=2_Y9mwAbvmA&list=PL8FOb08VQtJ-krWtsDguDkOWVOMf- YKsn&index=128
[6] Ainsi, la célèbre histoire du four d’hakhnay qui se trouve dans le Talmud fait dire à Dieu : « Mes enfants (juifs) m’ont vaincu », car ces derniers ont préféré trancher un litige par la majorité plutôt que d’écouter la voix de Dieu. Un exemple montrant leur moquerie envers la loi divine se trouve dans la guémara (Makot 22b) : « Rava a dit : Que sont stupides les personnes qui se lèvent par respect pour un Séfer Torah, mais qui ne se lèvent pas par respect pour une grande personnalité de la Torah. Dans le Séfer Torah, il est écrit que [celui qui a fauté devra recevoir] 40
coups de fouet, et nos rabbins sont venus et en ont enlevé un. »
[7] « Il répondit : J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. » (1 Rois, 19:14)
« Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. » (Matthieu, 23:31).
« Ils ont encouru la colère de Dieu, et les voilà frappés de malheur, pour n'avoir pas cru aux signes de Dieu, et assassiné injustement les prophètes, et aussi pour avoir désobéi et transgressé » (S.3, v.112)
Les tentatives d’assassinat de Jésus et de Muhammad et le meurtre de Zacharie et de son fils Jean-Baptiste (Yahya) en sont l’illustration.
[8] https://historionomie.canalblog.com/archives/2016/08/15/34190635.html
[9] Voir notamment le Talmud de Babylone, Yevamoth 47b et 109b (Rabbi Ḥelbo a dit : Les convertis sont aussi nuisibles pour le peuple juif qu’une gale lépreuse sur la peau).
[10] https://fr.wikipedia.org/wiki/Nohaisme
« Selon la loi juive, les non-juifs (nommés gentils) ne sont pas obligés de se convertir au judaïsme, mais ils sont tenus d'observer les sept lois de Noé pour être assurés d'une place dans le monde à venir après leur mort, qui est la récompense finale des vertueux. »
« Le judaïsme orthodoxe ne prône généralement pas la conversion au judaïsme mais affirme que la communauté juive a un devoir d'information envers ceux intéressés à suivre les lois de Noé »
[11] https://fr.wikipedia.org/wiki/Conversion_au_juda%C3%AFsme
« De nos jours, le candidat à la conversion doit suivre un programme d'étude du judaïsme et s'intégrer à une synagogue. Le processus prend d'une à plusieurs années en fonction de la « qualité » du candidat et de l'exigence du ou des rabbins qui animent la conversion. »